L'émergence de maladies animales transmissibles, en particulier les zoonoses et les maladies non zoonotiques, pose des défis majeurs aux petits et moyens éleveurs à travers l'Europe. Les interactions complexes entre la santé animale, les changements environnementaux (tels que les changements climatiques, les changements d'utilisation des sols et la perte de biodiversité) et la viabilité économique menacent les moyens de subsistance d'innombrables paysan.ne.s, en particulier les petits et moyens.
Face à ces défis, la Coordination européenne Via Campesina (ECVC), qui représente les petits et moyens agriculteurs de toute l'Europe, demande instamment à l'Union européenne et aux États membres de prendre des mesures immédiates, en particulier à la lumière de l'émergence récente de maladies telles que la fièvre catarrhale du mouton, la MHE, les virus de la variole ovine et de la variole caprine, la PPA et la PPR souligne l’urgence de trouver des réponses coordonnées et fortes.
Ces mesures sont résumées ci-dessous :
- Compensation financière immédiate des pertes des petits et moyens éleveurs causées par des maladies non zoonotiques : l’Union européenne doit activer la réserve de crise dans le cadre de la politique agricole commune (PAC) ainsi que les Fonds européens agricoles pour le développement rural, afin d’apporter un soutien financier aux paysannes et paysans touchés par des épidémies. Ces compensations devraient cibler celles et ceux qui souffrent le plus des conséquences de la maladie sur leurs animaux. Elles doivent être accessibles à tous les petits et moyens éleveurs et éleveuses, et il faut veiller à ce qu’aucun paysan ne soit exclu de l’aide essentielle en raison de réglementations nationales divergentes.
- Couverture complète des coûts de vaccination pour les petits et moyens éleveurs : les États devraient prendre intégralement en charge tous les coûts de vaccination pour tout sérotype et toute maladie, et garantir aux paysans un accès équitable aux mesures préventives.
- Paiements de la PAC complets et indemnisation pour les pertes d’animaux d’élevage en raison d’un cas de force majeure : la perte généralisée d’animaux due à l’apparition de foyers de maladie constitue clairement un cas de force majeure. Dans de telles circonstances, les petits et moyens éleveurs ne doivent faire face à aucune réduction de leurs paiements de la PAC au titre de l’aide à l’élevage ovin et caprin. Nous exigeons que l’UE et les États membres assurent le paiement intégral de l’aide, sans ajustements ni réductions, à tous les éleveurs et éleveuses concerné·e·s.
- Préserver la diversité génétique de l’élevage : l’UE et les États membres doivent donner la priorité à la préservation de la diversité génétique du bétail, afin de renforcer la résistance aux maladies et la résilience agricole.
- Coûts environnementaux et territoriaux ; mesures de précaution et contrôle vectoriel : le changement climatique aggrave la propagation des maladies à transmission vectorielle. Les petites et moyennes fermes agricoles, en particulier dans les prairies, sont particulièrement vulnérables aux maladies en raison de l’exposition aux insectes. Des mesures de précaution plus strictes sont nécessaires dans les États membres, à savoir notamment : la lutte antivectorielle, le renforcement de la surveillance sanitaire et le développement des services vétérinaires, y compris pour la maladie de la langue bleue, qui n’est pas considérée comme prioritaire pour les mesures d’urgence de lutte vétérinaire. Le renforcement des capacités des services vétérinaires est essentiel pour prévenir et gérer efficacement les maladies animales, garantir la sécurité alimentaire et le bien-être des animaux.
- Réorganisation territoriale de l’élevage en Europe grâce à une transition juste : la transition vers l’élevage de petite et moyenne taille devrait être soutenue par la PAC de manière à réduire la concentration d’animaux et à promouvoir l’autosuffisance alimentaire locale. La réorganisation territoriale de l’élevage est essentielle pour réduire les effets de l’agriculture industrielle sur l’environnement, prévenir les épidémies et limiter les pratiques commerciales qui aggravent l’urgence climatique et propagent les maladies.
- Soutenir l’élevage extensif en plein air : l’UE et les États membres devraient accorder la priorité au soutien à l’élevage extensif en plein air, qui est plus résilient face aux épidémies. Le confinement massif des animaux dans les grandes exploitations industrielles a contribué à la propagation rapide des maladies. L’agriculture en plein air souffre souvent des crises sanitaires causées par ces modèles industriels.
- Approche agroécologique pour la souveraineté et la sécurité alimentaires : nous plaidons pour une approche agroécologique qui renforce la souveraineté et la sécurité alimentaires, pour garantir l’accès à une alimentation de qualité pour tous les citoyens et citoyennes européen·ne·s.
- Collaboration au niveau de l’UE et au niveau national pour un soutien à long terme : une collaboration accrue entre les États membres et l’UE est cruciale pour fournir un soutien à long terme, y compris en termes de recherche et développement de vaccins contre les menaces de maladies existantes.
Les États membres doivent placer les besoins des organisations de petits agriculteurs au cœur de l’action menée pour garantir une réponse adéquate en fonction de chaque pays et de chaque contexte. De même, l'UE doit reconnaître son rôle et sa responsabilité dans la lutte contre ce problème et garantir une action immédiate et coordonnée aux niveaux national et européen, en raison non seulement de ses compétences agricoles, mais aussi de l'impact des modèles commerciaux internationaux sur la transmission des maladies animales.
La santé de notre bétail et la stabilité économique de nos communautés agricoles dépendent de mesures rapides et efficaces, et ECVC et ses agriculteurs restent disponibles pour collaborer sur cette question.
Contact information
Andoni Garcia Arriola
ES, EUS
Comité de coordination ECVC
+34 636451569
Morgan Ody
EN, FR
Comité de coordination d’ECVC
+33 626 97 76 43
Pierre Maison
FR
ECVC Coordinating Committee
+33 615 731389