COMMUNIQUE DE PRESSE

 

BRUXELLES, 1er OCTOBRE 2019 – Sous la direction du mouvement paysan européen, les premiers pas ont été faits à Bruxelles ces derniers jours en vue de la mise en œuvre en Europe de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP). Hier, après 2 jours de débats et d’échanges internes entre représentants d’organisations paysannes, d’organisations alliées et d’universitaires au Comité économique et social européen (CESE), le moment est venu de présenter publiquement le projet d’application, dans notre région, de ce nouvel instrument international.

 

« Cette déclaration a le pouvoir de réduire les conflits sociaux, mettre fin à la destruction de la nature et de faire face à la crise climatique. Cet instrument permettra non seulement aux petits agriculteurs mais aussi aux consommateurs, de se prendre en charge. En tant que petits agriculteurs, nous voyons un lien clair entre la Décennie de l’agriculture familiale de la FAO et la Déclaration. Nous devons soutenir les acteurs qui font partie de la solution dans la série de crises et de problèmes auxquels nous sommes confrontés sur la planète. Nos pratiques agricoles contribuent à refroidir la planète et, ce faisant, nous répondons aux demandes des jeunes générations d’aujourd’hui. » a déclaré Ramona Duminicioiu, agricultrice roumaine et membre du comité de coordination d’ECVC, dans son allocution publique au CESE.

 

Les orateurs représentant le HCDH, la FAO régionale et les institutions de l’Union européenne ont convenu que l’agriculture familiale est capable de nourrir et de refroidir la planète. « Les paysans sont les principales personnes qui nourrissent le monde, mais ils sont confrontés à des défis majeurs dans la réalisation du droit à l’alimentation », a souligné Birgit Van Hout, représentante régionale pour l’Europe du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). La UNDROP, adoptée en décembre 2018 par l’Assemblée générale des Nations Unies, est l’outil qui permettra d’atteindre cet objectif et de réaliser les ODD en cours de route.

 

D’autre part, elle a mis en évidence le système législatif européen actuel, adapté au secteur agro-industriel, qui menace l’avenir des populations paysannes et des communautés rurales. Guy Kastler de la Confédération Paysanne (organisation française membre de l’ECVC) a dénoncé comment, en Europe, les droits des paysans sont violés par le système des droits de propriété intellectuelle. « Ce dernier profite non seulement du système semencier paysan, mais il le détruit et le privatise. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des semences ont été prélevées gratuitement dans les champs des paysans ». Raison de plus pour mettre en œuvre d’urgence l’UNDROP en Europe.

 

« Une redémocratisation des espaces législatifs, pour développer des politiques publiques qui ne sapent pas les systèmes paysans, doit inclure des représentants paysans dans leurs processus. Mais pour cela, nous avons besoin d’une réelle volonté politique. Ce que les institutions européennes et les Etats membres ont fait jusqu’à présent n’est pas suffisant, c’est urgent, nous n’avons pas de temps à perdre », a déclaré Paula Gioia, apicultrice et membre du comité de coordination ECVC, dans son discours de clôture à la manifestation publique.

 

Voir les photos de la réunion ici. Accédez à une visualisation graphique de la campagne pour la mise en œuvre de la Déclaration ici.

 

Contacts :

  • Ramona Duminicioiu – Comité de Coordination d’ECVC: +40 746 337 022 – FR, ES, EN, RO
  • Paula Gioia – Comité de Coordination d’ECVC : +49 152 05 76 45 91  – DE, ES, PT, EN
  • Marielle Roos – Comité de Coordination d’ECVC : +47 950 82958 – EN, NL