La Coordination européenne via Campesina a présenté aujourd’hui ses demandes principales par rapport à la Stratégie de la Ferme à la Table, lors de sa rencontre avec la Commission européenne.

 

A quelques semaines de la publication de cette stratégie, prévue pour fin mars par la Commission, et quelques jours de la validation du cadre financier pluriannuel (CFP), ECVC a affirmé haut et fort que sans cohérence entre les politiques agricole, alimentaire, commerciale, économique et de la concurrence de l’UE ainsi que le budget, les résultats de la Stratégie de la Ferme à la Table resteront très limités.

 

L’ambition de la Commission dans le Pacte Vert et dans la Stratégie de la Ferme à la Table est louable, et ECVC considère cette priorité politique de la CE comme une opportunité unique de promouvoir des systèmes agricoles et alimentaires effectivement plus équitables, plus démocratiques et plus socialement durables, de développer l’agroécologie paysanne et une société plus respectueuse des droits humains.

 

ECVC souligne que pour mettre en œuvre la souveraineté et la sécurité alimentaire des populations européennes au plus près des territoires, les facteurs suivants sont indispensables :

 

  • Développer la relation entre consommateurs et producteurs ;
  • Récupérer la capacité politique de l’organisation et la régulation du marché, autour de produits sains et de bonne qualité ;
  • Avoir la décision politique de garantir aux agriculteurs un revenu décent et stable et s’engager efficacement dans une transition agroécologique.

 

Au cours de cette transition, le développement de la digitalisation peut être un outil utile, mais il faut souligner son coût élevé, l’importante demande en énergie et en métaux non renouvelable, et l’impact négatif que cela aurait sur l’emploi.

 

L’objectif de la Commission pour une Europe climatiquement neutre d’ici 2050 passera nécessairement par le développement de nombreuses fermes résilientes et enracinées dans les territoires, par l’amélioration de la position des agriculteurs dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire, par le respect des droits des paysans ainsi que par davantage de soutien aux jeunes qui souhaitent s’engager dans l’agriculture, notamment en facilitant  l’accès à la terre dans le cadre d’une directive foncière européenne.

 

Le Pacte Verte promet un changement systématique qui ne laissera personne de côté. Pour que cette stratégie soit réellement efficace il faudrait notamment une refonte totale de la PAC, une remise en cause des accords de libre-échange et la mise en œuvre des mesures de régulation du marché. ECVC demande à la Commission les mesures soient à la hauteur des ambitions affichées dans les différents domaines politiques, et qu’elle prête l’oreille aux voix des paysans et petits exploitants agricoles, jusqu’à présent négligées, car ils ont les connaissances, l’expérience et la capacité de nourrir la planète à nouveau de façon saine et durable.

 

Contacts

 

Jose Miguel Pacheco (ECVC Coordination Committee): +351 968 721 995 – PT, ES

Antonio Onorati (ECVC CAP Group):  +39 3408 2194 56 – IT, FR, EN