Le Parlement Européen a adopté aujourd’hui un rapport d’initiative des commissions ENVI et AGRI sur la Stratégie « de la Ferme à la Fourchette ». Le résultat est encourageant, mais est-ce suffisant pour faire face aux enjeux ?

 

ECVC accueille favorablement le rapport dans son ensemble. Il témoigne de diverses intentions positives du Parlement de travailler à une Stratégie de la Ferme à la Fourchette (F2F) forte et efficace.

 

ECVC félicite particulièrement la mention de la nécessité de permettre aux agriculteurs et agricultrices d’accéder à des prix justes, ainsi que celle  des coûts alimentaires justes et abordables pour les consommateurs et consommatrices. Le rapport reconnaît l’effort à fournir pour œuvrer de manière générale à un système alimentaire durable, équitable et résilient, y compris concernant les aspects économiques et sociaux tout au long de la chaîne alimentaire. ECVC approuve également l’insistance du Parlement pour que les objectifs de la Stratégie F2F soient appliqués dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC), ainsi que la nécessité de revoir la législation sur les marchés publics pour permettre aux institutions publiques de privilégier la production alimentaire durable, les aliments traditionnels, mais également la consommation de produits locaux et  de saison.

 

Cependant, ECVC reste sceptique quant au potentiel de changement que permet ce texte pour les raisons suivantes.

 

Tout d’abord, les Plans Nationaux Stratégiques de la PAC sont encore en cours d’élaboration et des signaux ainsi que des doutes existent quant aux mesure par lesquelles ils intégreront la Stratégie dans leur contenu final.

 

Deuxièmement, nous ne voyons aucune intention de subordonner la politique commerciale européenne au Pacte Vert et à la Stratégie F2F, que ce soit au niveau des accords commerciaux, des règles de concurrence ou d’une intervention publique accrue sur les marchés. Sans cela, les impacts effectifs de la Stratégie F2F sur la durabilité de la chaîne alimentaire seront considérablement réduits. Nous avons besoin d’une plus grande cohérence économique pour assurer une transition inclusive et juste des petites et moyennes exploitations agricoles, grâce à des prix équitables de la production à la consommation.

 

Troisièmement, ECVC est préoccupé par  l’articulation du rapport visant à encourager l’implémentation de la digitalisation et de nouvelles technologies. Combiner innovation et digitalisation est une grave erreur. Dans l’état actuel de développement des systèmes de collecte de données réelles, qui sont typiques de l’économie numérique en agriculture également (avec les Digitalisations des Séquençages Génétiques, big data, SIG-Systèmes d’Information Géographique, …), il n’existe aucune garantie d’aucune sorte concernant leur utilisation et leur contrôle en l’absence d’un cadre législatif efficace et efficient pour les utilisateurs. En outre, ces technologies ne conviennent qu’aux grandes entreprises à forte capitalisation.

 

Bien que ce rapport soit un pas dans la bonne direction, nous pensons qu’en voulant s’attaquer au problème du changement climatique et de la perte de biodiversité sans remettre en cause la politique commerciale européenne, en ne demandant pas une plus grande intervention publique sur les marchés et en croyant aveuglément à la technologie comme principale solution, la Stratégie “de la Ferme à la Fourchette” ne se dote pas de moyens ambitieux pour atteindre ses objectifs.

 

Contacts

 

Andoni Garcia Arriola, Coordinating Committee of ECVC – +34 636 45 15 69 – ES, EUS

 

José Miguel Pacheco –Coordinating Committee of  ECVC: +351 918736441 – ES, PT

 

Morgan Ody, ECVC Coordinating Committee – +33 626 97 76 43 – France – FR,EN