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Document de position de l'articulation jeunes relatif à la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC)

13 juillet 2021

A l'issue des négociations du trilogue sur la réforme de la PAC, la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) exprime sa frustration et sa déception quant à la proposition convenue, et répète que cette PAC ne contient pas les outils nécessaires pour atteindre la durabilité sociale, économique et environnementale économique et environnementale nécessaire pour répondre à la situation des petits et moyens paysans et aux demandes de la société européenne.

Pourquoi ce document de position ?

Dans la phase finale de la réforme de la PAC, nous - l'articulation Jeunesse de la Coordination Européenne Via Campesina - ressentons l'urgence d'exprimer notre position. Nous craignons que la PAC réformée continue à négliger les besoins réels des jeunes agriculteurs et, en particulier, des petits agriculteurs agro-écologiques. De plus, nous prévoyons que la PAC continuera à perdre l'un de ses principaux objectifs : faciliter l'entrée de nouveaux agriculteurs. Voici la version d'une prise de position plus longue que nous avons préparée.

Nos demandes

Nous demandons aux États membres d'allouer un budget suffisant et obligatoire aux jeunes agriculteurs et d'augmenter le niveau maximum de financement au-delà de 3% du budget global de la PAC, ce qui nous semble insuffisant et peu ambitieux. Etant donné la difficulté des jeunes agriculteurs et des nouveaux entrants à démarrer une activité agricole, nous pensons que tous les nouveaux entrants devraient recevoir une aide financière directe et rapide pour démarrer leur activité (par exemple 25.000 euros). Nous demandons un changement plus radical dans la manière dont les subventions et autres aides financières sont allouées : non pas en fonction de la quantité de terres possédées, du capital ou de la capacité d'investissement, mais en fonction de la fourniture de pratiques et de services socio-écologiques aux communautés locales et pour le bien commun.

Nous demandons l'inclusion d'une conditionnalité sociale dans la PAC. Les exploitations qui violent les droits de l'homme et des jeunes doivent cesser de recevoir le soutien de l'UE et des États membres. Nous souhaitons en particulier que le rôle des jeunes femmes et des jeunes migrants dans l'agriculture soit clairement reconnu et soutenu.

Nous demandons la création d'un groupe de dialogue civil de l'UE dédié aux jeunes agriculteurs afin de renforcer et de diversifier leur participation aux espaces et processus de prise de décision, sur la base du principe de la souveraineté alimentaire.

Nous demandons à l'UE de cesser de soutenir les accords de libre-échange (ALE) et les projets miniers en raison de leurs énormes coûts sociaux et environnementaux, tant dans le Nord que dans le Sud, et parce qu'ils portent atteinte à la souveraineté alimentaire des États membres et des pays importateurs.

Nous rejetons la dépendance excessive à l'égard de la numérisation et des nouvelles technologies, y compris les nouveaux organismes génétiquement modifiés ou les nouvelles techniques de sélection (NBT). Nous soutenons au contraire les technologies et les innovations paysannes, basées sur l'agroécologie et accessibles à tous.

Pour nous, c'est la seule façon pour l'agriculture de contribuer aux objectifs du Green Deal européen, de la stratégie "de la ferme à la table" et de la stratégie pour la biodiversité.

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