Bruxelles, le 18 décembre 2019Un an après l’adoption de la Déclaration sur les droits des paysans et autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) à New York, ECVC a appris la nouvelle tragique de la mort d’un jeune agriculteur en Ukraine lors d’affrontements avec la police, tout en défendant les droits des paysans et en protestant contre l’intention du gouvernement de libéraliser la terre. ECVC dénonce cet évènement et réitère la nécessité de mettre en œuvre l’UNDROP dans toute l’Europe et au-delà, afin de protéger les droits des paysans.

 

Hier, des paysans ukrainiens sont descendus dans les rues de Kiev pour s’opposer à un nouveau projet de loi sur la libéralisation des terres et revendiquer leurs droits. Déclarations de l’Association des agriculteurs et des propriétaires fonciers privés, qui fait partie du Réseau ukrainien de développement rural, ainsi que les médias nationaux et des témoins oculaires rapportent que pendant les affrontements, un jeune paysan a été brutalement battu par la police, avant d’être transporté d’urgence à l’hôpital, où il est plus tard décédé de ses blessures. D’autres manifestants ont également été blessés lorsque la police a réagi violemment aux manifestations en utilisant des gaz lacrymogènes. Le nouveau projet de loi de libéralisation foncière menace de violer le droit à la terre de plus de 6 millions de paysans, au profit des conglomérats agricoles, des oligarques nationaux et des multinationales. Cela à son tour menace le droit à un environnement sain et le concept de souveraineté alimentaire, qui ont tous été reconnus lors de l’adoption de la déclaration l’année dernière. Cet événement est un exemple tragique de la violation continue des droits des paysans qui, un an après son adoption, démontre le travail qu’il reste à faire en ce qui concerne l’implantation de l’UNDROP.

 

Pour l’instant, l’agriculture paysanne continue d’être discriminée à tous les niveaux en Europe, où elle est considérée comme un fardeau du passé, au lieu d’être reconnue à sa juste valeur comme un solide pilier de la culture européenne. La récente proposition par la Commission européenne d’un pacte vert, (comprenant une stratégie « de la ferme à la table » qui fait enfin le lien entre une alimentation sure et saine pour les consommateurs et les systèmes agricoles et qui promeut l’agroécologie), est certes encourageante mais n’est guère suffisante. ECVC attend de la Commission et de tous les États européens qu’ils mettent en œuvre la Déclaration sur les droits des paysans dans l’ensemble des politiques concernées. Cette approche à plusieurs niveaux est vitale et urgente, à la fois pour prévenir des tragédies et des décès similaires, ainsi que pour construire et renforcer les paysans et les agriculteurs à petite échelle et faire respecter leurs droits humains.

 

Cette fin d’année 2019 est marquée d’une part par des soulèvements citoyens pour les droits humains, de Madrid à Santiago du Chili, de Beirut à Hong Kong. Cette défense des droits de l’homme inclut le droit à une production alimentaire durable et accessible pour tous, dans laquelle les petits agriculteurs et les paysans jouent un rôle vital.  Pour faire face aux crises sociales et environnementales actuelles et à la multiplication des conflits, il est urgent de protéger les exclus du système et de renforcer les systèmes paysans, qui constituent la principale source de nourriture et offrent en même temps la meilleure solution d’atténuation des gaz à effets de serre.

 

Pour Jose-Miguel Pacheco, membre du comité d’ECVC, « ECVC exprime sa solidarité avec les paysans ukrainiens sur cette question et présente ses condoléances à la famille et aux amis de ce homme. Pour les paysans et les citoyens, protester contre les décisions prises par le gouvernement et revendiquer les droits des paysans ne doit jamais conduire à la mort. L’Europe doit reconnaître cette tragédie urgente, car aucun paysan ou agriculteur ne devrait mourir en défendant ses droits humains. »

 

Les paysans nourrissent la population mondiale et leurs droits sont des droits humains ! Des outils institutionnels sont à notre disposition pour empêcher que cela ne se produise. ECVC exige que la déclaration soit mis en œuvre au niveau national et européen, afin de sauvegarder l’avenir des paysans, de l’agriculture et de notre planète.

 

Visionnez ici la nouvelle vidéo d’ECVC sur la Déclaration des droits des paysans, avec les sous-titres en français, anglais et espagnol : https://youtu.be/79iv4bFNZS0

 

Contacts :

Ramona Duminicioiu – Comité de Coordination d’ECVC: +40 746 337 022 – FR, ES, EN, RO              

Jose-Miguel Pacheco – Comité de Coordination de ECVC: +351 918736441 – ES, PT