Bruxelles, 17 avril 2018 – En cette journée internationale des luttes paysannes, commémorant la résistance et la défense des paysans persécutés à travers le monde, des organisations paysannes de Belgique, de France, d’Espagne et même du Canada ont convergé avec d’autres mouvements sociaux, syndicats et ONG ce #17Avril à Bruxelles pour exprimer leur opposition aux actuels accords de libre-échange (ALE) négociés par l’Union européenne.

 

« L’agro-industrie tue les paysans mais dans cette machine de guerre, les ALE jouent un rôle fondamental. Les consommateurs pourraient être en mesure d’acheter des produits moins chers, mais qu’est-ce que cela implique? L’exploitation et l’anéantissement des paysans. La perte de nos terres, de notre eau, de nos connaissances et de nos droits au profit des multinationales. Les risques sanitaires et les dommages environnementaux » a répété Claude Girod, paysanne de la Confédération Paysanne – ECVC, devant la Commission européenne.

 

La douzaine de délégués français de la Confédération Paysanne, ainsi que les membres de l’organisation belge FUGEA et espagnole COAG ont mis en avant les dangers que les accords de libre-échange, tels que UE-Mercosur et CETA, impliquent pour les fermiers et – au travers de notre alimentation – pour les consommateurs des régions éloignées d’Europe : le manque de traçabilité et l’absence de contrôle des produits agricoles qui risquent d’entrer en Europe avec ces ALE et la concurrence déloyale qu’ils favorisent seraient un désastre pour tous, sauf pour le secteur des entreprises privées. Le fermier canadien, Jan Stomp, de la NFU (membre de La Via Campesina) a souligné qu’au Canada, le CETA impliquait la perte, du jour au lendemain, de 400 producteurs de lait.

 

Présentant les manœuvres suspicieuses et le lobbying du secteur privé dans ces ALE, Lora Verheecke, de Corporate Europe Observatory, a déclaré que «89% des réunions entre l’UE et le Japon pour JEFTA ont été tenues avec des multinationales, avec des groupes qui ont dépensé 12 millions d’euros par an pour leurs activités de lobbying. Cela, sans jamais consulter les syndicats ou les organisations paysannes. Avec l’ALE UE-Mercosur, selon une étude que la Commission a préféré garder cachée, 33 000 agriculteurs perdraient leur emploi.  »

 

Mais la résistance paie! Comme nous l’a rappelé un délégué de La Confédération Paysanne de l’Ardèche: « Un exemple est notre combat en Europe contre les hormones et les OGM. Gardons l’espoir et restons dans la convergence des luttes, il n’y aura pas de cultures et d’aliments sains sans un grand nombre de paysans dans le monde, nous a-t-on rappelé à la clôture de l’action.

 

D’autres interventions ce #17Avril à Bruxelles ont été faites par des représentants du MIG, du syndicat belge des producteurs laitiers, des Amis de la Terre Europe et du CGSP (syndicat du Service Public Belge.)

 

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Vous pouvez trouver des photos du 17 avril 2018 à Bruxelles ici.

 

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Pour plus d’informations sur cette journée d’action, veuillez contacter: andres@eurovia.org.

 

 

* Avec des délégué.e.s de l’Ardèche, de la Réunion, de la Martinique, de Mayotte et d’autres territoires

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