Lors de sa réunion avec le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski, la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC) a souligné l’importance de promouvoir et de protéger le modèle de l’agriculture paysanne ainsi que les droits des travailleur·euse·s ruraux·ales dans la réforme de la PAC, dont la légitimité est en jeu dans les négociations du trilogue.

 

Comme l’a expliqué ECVC, il est inacceptable que la PAC n’intervienne pas dans un marché déréglé et déséquilibré, qui encourage des prix de production faibles et qui est responsable de la disparition des milliers de producteur·rice·s chaque année.  Pour un système plus durable et plus juste, la PAC ne peut pas continuer à centrer ses aides sur les modèles de production industriels, qui sont en totale contradiction avec le Pacte vert pour l’Europe. Et pour « ne laisser personne de côté », il est également inacceptable que la PAC continue à concentrer les aides publiques sur une minorité de grand·e·s agriculteur·rice·s européen·ne·s.

 

Pour toutes ces raisons, ECVC défend encore une fois l’importance de mesures concrètes, qui ont également été signalées ce mois-ci dans une lettre ouverte aux institutions. Les voici :

 

  • Approuver et implémenter la conditionnalité sociale des aides de la PAC ;
  • Diriger les éco-régimes vers des modèles de production durables ;
  • Implémenter des instruments obligatoires de distribution d’aides, tels que les plafonnements, les modulations et les paiements redistributifs ;
  • Ne pas considérer comme pratique agricole le simple fait de maintenir une superficie en bon état, qui ne produit rien et qui encourage uniquement la concentration des ressources foncières.

 

Quant à lui, le commissaire a défendu le besoin de soutenir et de développer par-dessus tout l’agriculture à petite et moyenne échelle, l’intégration des jeunes et des nouveaux·elles arrivant·e·s, la conditionnalité sociale, et une agriculture qui protège l’environnement, en comprenant l’agriculture écologique et l’agroécologie.

 

Il a expliqué être « tout à fait d’accord avec le fait que l’Europe a besoin de plus de paysan·ne·s », que les petit·e·s agriculteur·rice·s sont la solution pour « prévenir les maladies, protéger le bien-être animal, atteindre les objectifs de la stratégie « De la ferme à la table », de la stratégie en faveur de la biodiversité et du Pacte vert, qui sont nécessaires pour la sécurité alimentaire européenne et pour le développement durable des milieux ruraux.

 

ECVC entend les bonnes intentions du commissaire, toutefois, pour concrétiser ces propositions, il est indispensable de changer la politique commerciale de l’UE qui continue de miser sur les accords de libre-échange qui brisent la souveraineté alimentaire et la résilience, donnent plus de pouvoir aux grandes multinationales encourageant les modèles industriels agricoles et provoquent la disparition de milliers d’agriculteur·rice·s.

 

 

ECVC souhaite que ses demandes soient envisagées, notamment dans le processus actuel du trilogue, comme l’a formulé José Miguel Pacheco, membre du Comité coordinateur d’ECVC. « Nous avons besoin de plus d’agriculteur·rice·s et de travailleur·euse·s agricoles qui exercent dans des conditions dignes, soutenus par une PAC cohérente avec les objectifs du Pacte vert et de la stratégie « De la ferme à la table ». Nous espérons qu’à travers ce types d’échanges, la Commission, le Conseil, et le Parlement écoutent les demandes des petit·e·s et moyen·ne·s paysan·ne·s qui représentent la majorité des agriculteur·rice·s en Europe. »

 

Contacts

José Miguel Pacheco – Comité coordinateur d’ECVC : +351 968 721 995 – PT, ES

Andoni García Arriola – Comité coordinateur d’ECVC : +34 636 451 569- ES, EU

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