Communiqué de presse

Le 5 juin 2020

 

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Le 7 mai, au beau milieu d’une grave crise sociale, sanitaire et politique, le gouvernement bolivien a pris dans son Décret suprême N° 4232 une mesure hâtive, sans consultation préalable, qui permet dans son unique article au Comité national de biosécurité bolivien d’établir des « procédures abrégées pour l’évaluation du maïs, de la canne à sucre, du coton, du blé et du soja génétiquement modifiés dans leurs différentes manifestations, destinés à la consommation interne et à la commercialisation externe ».

 

Diverses organisations paysannes ont déjà exprimé leur point de vue sur cette question, parmi lesquelles la Confédération syndicale des travailleurs paysans de Bolivie (CSUTCB) et la Fédération départementale des femmes paysannes indigènes de Santa Cruz « Bartolina Sisa ».

 

Malheureusement, la situation liée au COVID-19 a de graves conséquences en Bolivie, qui se manifestent par le biais d’une crise sociale et sanitaire. De plus, la situation politique déjà critique depuis le coup d’Etat de novembre dernier s’est aggravée, ce qui empêche les citoyens boliviens d’agir et de se défendre face à cette mesure qui est une atteinte de plus à leurs droits. Depuis l’Europe, ECVC se joint à eux pour manifester son désaccord avec le Décret suprême mis en place en Bolivie.

 

Ce décret va à l’encontre des réglementations en vigueur en Bolivie, dont plusieurs lois qui pourtant interdisent l’importation et la culture de semences transgéniques dans le pays. En outre, ledit décret constitue une attaque contre la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales. De même, elle constitue une attaque contre la santé et l’alimentation saine et met en danger la biodiversité et le patrimoine génétique de ce pays. Ainsi, c’est toute la souveraineté alimentaire du peuple bolivien qui est en jeu.

 

Le gouvernement actuel de Bolivie nous démontre par ses actes qu’il profite de l’actuelle pandémie de COVID-19 pour favoriser les sociétés transnationales et certains entrepreneurs locaux sans scrupules.

 

Aujourd’hui nous ne pouvons qu’exprimer notre solidarité avec le peuple bolivien, qui est la première victime du décret annoncé par son gouvernement. Nous réitérons également notre profonde préoccupation face aux violences et attaques racistes qui affectent de plus en plus la population, en particulier les personnes les plus vulnérables de la société bolivienne, à savoir les populations indigènes, les classes sociales les plus défavorisées et les paysan.ne.s.

 

C’est pourquoi nous demandons à la communauté internationale de se joindre à nous pour exprimer son rejet de l’atteinte aux droits de son peuple que le gouvernement bolivien tente de perpétrer en s’attaquant à l’agriculture paysanne.

 

ECVC appelle également les institutions internationales et européennes à accélérer les mesures qui visent à rétablir la démocratie en Bolivie, et ainsi protéger la population et le respect des droits humains.

 

Enfin, ECVC appelle toutes les organisations paysannes et alliées à défendre les semences indigènes et le modèle de Souveraineté alimentaire de Bolivie.

 

 

Contacts :

 

Guy Kastler – Groupe de travail semences d’ECVC : +33 603945721 (FR)

Antonio Onorati – Groupe de travail semences d’ECVC : +39 3408219456 (EN, FR, IT,ES)

Alessandra Turco – Comité de coordination d’ECVC : + 39 3476427170 (IT, ES)