Ce lundi 24 novembre, les agriculteur·rice·s d'ECVC se sont mobilisé·e·s à Bruxelles et à Strasbourg, la conclusion de l’accord se rapprochant dangereusement. À Bruxelles, les agriculteur·rice·s se sont rassemblé·e·s près du Conseil « Commerce », lors de la dernière étape de la tournée Toxic Trade Tour. Au même moment, les membres d’ECVC ont manifesté devant le Parlement européen à Strasbourg. Leur présence a envoyé un message clair : les agriculteur·rice·s de toute l'Europe refusent d'accepter un accord de libre-échange qui menace leurs moyens de subsistance, sape les procédures démocratiques et affaiblit les protections environnementales et sociales.
ECVC dénonce fermement le fait que la Commission européenne et plusieurs membres du Parlement européen soient prêts à contourner les garanties juridiques et à ignorer les préoccupations des personnes les plus touchées par l'accord. La volonté d’accélérer la conclusion de l’accord UE-Mercosur semble motivée par des considérations politiques, notamment l'intention d'agir rapidement afin que la présidente Ursula von der Leyen puisse se rendre au Brésil pour ratifier l'accord le 20 décembre. Pour ECVC, il est inacceptable de faire passer un accord aussi important en l’absence de transparence, de contrôle, et d’une consultation adéquate.
Une fois de plus, les agriculteur·rice·s sont descendu·e·s dans la rue pour faire connaître la réalité de l'agriculture à petite échelle aux décideur·euse·s politiques. Iel·les refusent de permettre que les communautés rurales soient sacrifiées au profit des grandes industries. ECVC reste déterminée à défendre la souveraineté alimentaire et à garantir des revenus justes aux agriculteur·rice·s par le bais d’une régulation du marché efficace, et continuera à lutter contre l'ALE, comme l’a souligné la Confédération Paysanne, organisation française membre d’ECVC, à Strasbourg :
« Rien n'est encore décidé ; il est encore possible de bloquer cet accord ! Les agriculteur·rice·s ont besoin de revenus et de ressources pour faire face aux questions liées à la souveraineté et à la sécurité alimentaires, ainsi qu'aux défis climatiques et environnementaux. L'Europe doit trouver des solutions et soutenir les agriculteur·rice·s. Cela ne sera pas possible si nous sommes contraints de faire concurrence aux agriculteur·rice·s de l'autre bout du monde et si les agriculteur·rice·s des zones rurales disparaissent. »
AbL, organisation allemande membre d’ECVC, a ajouté : « Nous ne nous opposons pas à une alliance solidaire entre le Mercosur et l'UE. Cependant, l'accord négocié par l'UE n'est pas fondé sur la solidarité : il ne fait que renforcer l'agro-industrie. Il aggravera la déforestation et nuira au climat, à la biodiversité et à l'agriculture à petite échelle des deux côtés de l'Atlantique. »
Ces dernières semaines, de nombreux principes démocratiques ont été violés dans le but de faire avancer l'accord. L’on utilise une procédure accélérée pour valider les clauses de sauvegarde, sans permettre à la commission du commerce international (INTA) et de l'agriculture (AGRI) de donner leur avis ou de proposer des amendements. Ces clauses ont déjà été critiquées par les expert·e·s et la société civile, car elles servent principalement d'outil de communication, au lieu de représenter une mesure de protection significative[1]. La semaine dernière, la présidente du Parlement européen a annulé, sans aucune justification juridique claire[2], un vote initialement prévu sur une résolution demandant l'avis de la Cour de justice de l'Union européenne.
[1] https://www.eurovia.org/fr/publications/new-bilateral-safeguard-clauses-on-eu-mercosur-fta-an-ineffective-technical-proposal-against-the-structural-and-localised-impact-of-the-treaty/
[2] https://www.eurovia.org/fr/communique-de-presse/farmers-to-mobilise-in-strasbourg-to-request-cjeu-opinion-on-eu-mercosur-european-democracy-and-role-of-european-parliament-must-be-respected/
En réponse à ces préoccupations croissantes, des agriculteur·rice·s d’ECVC, venant de France et d'Allemagne, ont amené leurs tracteurs et leur bétail à Strasbourg pour que les eurodéputé·e·s entendent directement leur voix. Iel·les ont protesté contre l'absence de processus démocratique et contre les graves conséquences que l'accord UE-Mercosur aurait pour les agriculteur·rice·s, les travailleur·euses, les défenseur·euse·s des droits humains et les protecteur·rice·s de l'environnement.
Ces dernières semaines, le Toxic Trade Tour a parcouru l'Europe pour mettre en évidence qu’il existe une ample opposition à l'accord UE-Mercosur. La tournée a fait étape en Autriche, en Allemagne, en Pologne, en Espagne, au Portugal, en France, aux Pays-Bas et en Belgique, et a réuni des représentant·e·s de la société civile, des ONG, des agriculteur·rice·s et des syndicats. C’est à Bruxelles que la dernière étape a eu lieu, ce lundi 24 novembre, au cœur des institutions européennes, alors que les ministres du commerce discutaient de l'accord. Cette réunion était probablement le dernier échange officiel avant le vote prévu lors du Conseil européen des 18 et 19 décembre.
L'action de clôture de la tournée qui a eu lieu à Bruxelles a réuni une large coalition autour d'un message commun : NON à l’accord commercial toxique négocié entre l'UE et le Mercosur et OUI à la souveraineté alimentaire, à la justice climatique et à une coopération plus équitable.
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