Une réunion extraordinaire des ministres de l'Agriculture de l'UE se tiendra aujourd'hui à Bruxelles. La Commission européenne entend persuader les États membres sceptiques d'approuver l'accord UE-Mercosur, malgré les vives inquiétudes exprimées par les agriculteur·rice·s et les travailleur·euse·s agricoles à travers l'Europe.
En même temps, les commissaires européen·ne·s chargé·e·s de l’agriculture, du commerce et de la santé devraient présenter des propositions pour apporter un soutien financier supplémentaire aux agriculteur·rice·s, dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC) de l’UE. Ces propositions pourraient inclure un fonds de crise d’environ 6,3 milliards d’euros (7,4 milliards de dollars) dans le prochain budget de l’UE. ECVC met en garde sur le fait que cette approche vise à indemniser les agriculteur·rice·s pour les dommages que l’accord UE-Mercosur entraînerait, dommages qui n’auraient jamais dû exister.
ECVC réitère sa position historique : l'UE devrait cesser de signer des accords de libre-échange, ou du moins en exclure les produits agricoles. Elle devrait réformer radicalement sa politique commerciale conformément à la souveraineté alimentaire et au respect des droits humains.
Certains États membres ont suggéré des contrôles nationaux plus stricts sur les produits en provenance d'Amérique du Sud. ECVC souligne que les propositions adoptées uniquement au niveau national ne font aucune différence dans le contexte du marché unique de l'UE, car les importations alimentaires peuvent facilement être redirigées vers d'autres ports de l'UE où les niveaux de contrôle restent moins stricts. De plus, comme ECVC l'a indiqué dans une précédente analyse, de nombreuses normes de réciprocité ne peuvent être vérifiées efficacement en raison de la spécificité de la production agricole. Les affirmations selon lesquelles l'accord prévoit une forte réciprocité sont donc largement infondées dans la pratique.
ECVC dénonce également l'intention de finaliser cet accord le 12 janvier, avant que le Parlement européen n'ait eu l'occasion d'exercer son droit démocratique de consentement. Le changement de discours de certain·e·s dirigeant·e·s de l'UE, dont Georgia Meloni, qui critiquait auparavant la Commission pour ses pratiques antidémocratiques, illustre le fossé croissant entre la rhétorique et la réalité. Les belles paroles sur le soutien aux agriculteur·rice·s sonnent creux lorsque les décideur·euse·s politiques continuent de traiter l'agriculture, les agriculteur·rice·s et les travailleur·euse·s agricoles comme une marchandise de faible valeur dans le commerce mondial.
Pour ces raisons, ECVC et ses membres maintiendront un niveau élevé de mobilisation dans les jours à venir. L'Europe a besoin de politiques qui écoutent les agriculteur·rice·s, et non de décisions imposées par le haut dans l'intérêt commercial des entreprises.
Contact information
Morgan Ody
EN, FR
Coordination européenne Via Campesina
+33 626 97 76 43
Andoni García Arriola
ES, EUS
Coordination européenne Via Campesina
+34 636451569
ECVC Press Office
press@eurovia.org