COMMUNIQUE DE PRESSE

 

 

Bruxelles, le 2 avril 2019 – La commission de l’agriculture du Parlement européen a approuvé aujourd’hui, avec les votes du parti populaire, des conservateurs, des libéraux et d’une partie des socio-démocrates, sa position sur la proposition de la Commission européenne concernant la réforme de la PAC pour 2020.

 

Avec cette approche, la COMAGRI limite la proposition de la Commission pour une répartition plus équitable des aides à un maximum de 10% du total et retire la suppression progressive des aides aux bénéficiaires recevant entre 60 000 et 100 000 euros de paiements directs par an.

 

ECVC considère qu’il est honteux que ces forces politiques du Parlement européen se placent aux côtés d’une minorité de moins de 2% des agriculteur.rice.s européens et limitent ce qui était déjà une proposition timide de la part de la Commission européenne.

 

La commission de l’agriculture du Parlement européen n’a pas répondu aux fortes attentes des citoyens relatives au long processus d’approbation de la réforme de la PAC 2021-2027.

 

Il n’y a pas, dans le positionnement de la COMAGRI, de propositions de mesures de fond, telles que la régulation publique du marché pour remédier à l’insuffisance des prix agricoles créée par la volatilité et d’autres problèmes fondamentaux des petit.e.s et moyen.ne.s agriculteur.rice.s, ainsi que l’intégration nécessaire des jeunes, des nouveaux.elles entrant.e.s et le travail des femmes agricultrices.

 

L’approche des rapports du COMAGRI consistant à associer les jeunes et les nouveaux.lles agriculteur.rice.s serait donc elle aussi vide de sens. En effet, sans résoudre le problème de la concentration des terres provoquée en partie par la mauvaise distribution des aides, il est extrêmement difficile pour une personne nouvelle de s’installer comme agriculteur.rice.

 

De même, en ratifiant (COMAGRI) la question des assurances dans les rapports, et non celle des instruments publics de régulation des marchés pour faire face à l’instabilité des prix et à la perte de revenus, elle sape une fois encore l’intégration véritable et fondamentale des jeunes et des nouveaux.lles agriculteur.rice.s dans les campagnes, qui sans prix équitables ne peuvent vivre dignement.

 

Face à des marchés soumis à la dérégulation et à la spéculation de la mondialisation, qui encouragent des modèles d’agriculture extractive, si l’on voulait réellement promouvoir des modèles plus durables, il fallait des instruments de choc, pour faire face au changement climatique et au bien-être animal. En outre, le chemin nécessaire vers l’agroécologie requiert des moyens qui s’attaquent à la racine des problèmes. Seules, la conditionnalité et les eco-schemes ne permettent pas  d’appréhender réellement le changement de modèle agricole que les marchés déterminent.

 

ECVC continuera à travailler en vue des élections européennes et du nouveau Parlement, ainsi qu’avec la Commission et le Conseil et dans chaque pays pour défendre un changement profond de la PAC basé sur la souveraineté alimentaire, qui repose sur les petit.e.s et moyen.ne.s agriculteur.rice.s, offre des prix et des revenus suffisants, un modèle agricole et alimentaire sain et durable et un processus clair de soutien de l’agroécologie.

 

Contact :

 

  • Andoni Garcia (Comité de Coordination d’ECVC ): +34 636 4515 69 – ES, EUZ
  • Pierre Maison (Comité de Coordination d’ECVC ): + 33 61 573 1389 – FR

 

 

Photo: @AntoineTifine twitter