COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Amendements au rapport sur la PAC :

ECVC réitère le besoin de changer de modèle agricole devant les institutions européennes

 

ECVC insiste sur le fait que la future PAC doit garantir des revenus justes pour les agriculteurs  et répondre aux attentes de la société.

Dans ce cadre, les délégués d’ECVC ont rencontré la semaine dernière un certain nombre de députés européens, dont le président de COMAGRI, Adam Siekierski, en réitérant 7 points principaux.

 

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Bruxelles – 28 novembre 2018 – À moins d’une semaine avant l’échéance pour le dépôt des amendements des rapports du PE sur la PAC d’après 2020, la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) s’est mobilisée à Bruxelles et dans la périphérie européenne en insistant sur la nécessité de définir un modèle agricole durable et constituant un véritable soutien aux zones rurales.

 

ECVC insiste sur le fait que la future PAC doit garantir des revenus équitables pour les agriculteurs (équivalents à ceux de l’ensemble de la population) et répondre aux attentes de la société. Cela implique une transition de toutes les exploitations agricoles européennes vers des modèles durables et l’agroécologie paysanne, la préservation de l’environnement, du climat et la garantie d’une alimentation de qualité pour tous les citoyens, y compris les plus démunis. Pour cela, nous avons besoin de politiques publiques pour réguler les marchés.

 

Dans ce cadre, les délégués d’ECVC ont rencontré la semaine dernière un certain nombre de députés européens[1], dont le président de COMAGRI, Adam Siekierski, en réitérant 7 points principaux :

 

1)     Maintenir l’activité agricole paysanne – orientée vers la production de denrées alimentaires et non de biocarburants – dans tous les territoires ruraux, et donner la priorité aux nouveaux agriculteurs pendant les premières années de leur activité, ainsi que dans la distribution de l’aide et la réservation des droits de paiement;

2)     Fixer un plafond obligatoire pour les paiements directs à 60 000 euros, avec une déduction de 50 % des coûts salariaux sur la base d’un contrat de travail réel, et avec une limitation maximale du nombre de travailleurs ; les éco-programmes doivent également être soumis à des limites d’aide;

3)     Octroyer un paiement direct obligatoire aux petits agriculteurs, sur la base d’une valeur minimale de l’aide;

4)     Maintenir le niveau actuel des aides couplées et refuser  que les cultures destinées aux biocarburants bénéficient de ces aides.

5)     Les exploitations fondées sur des modèles agroécologiques devraient être reconnues dans le cadre des éco-programmes. Ces derniers doivent être dirigés pour aider et soutenir des systèmes et modèles climatiques et environnementaux durables et non des pratiques spécifiques utilisées dans un modèle d’agriculture intensive;

6)     Rejeter le financement obligatoire de l’assurance agricole pour faire face aux crises du marché. La gestion des risques doit être abordée au moyen de politiques publiques, comme la réglementation des marchés. 

7)     Toutes les aides versées aux agriculteurs, aux entreprises agroalimentaires et aux organisations de producteurs devraient être soumises au respect d’un ensemble commun d’exigences concernant les droits et l’hébergement des travailleurs agricoles (en référence aux conventions internationales du travail), quel que soit leur statut (agriculteur, salarié, travailleur saisonnier). Cela implique l’inclusion de la conditionnalité sociale dans la PAC.

 

La pression du mouvement paysan européen a également été décentralisée. La Confederação Nacional da Agricultura (CNA) a mobilisé plus d’un millier de paysans et de dirigeants agricoles qui se sont concentrés à Lisbonne, pour défendre l’agriculture familiale et le monde rural. Une délégation a présenté ses principales propositions et plaintes à la Commission de l’agriculture et de la mer de l’Assemblée de la République et au Premier ministre du Portugal.

 

Nous revendications sont les revendications d’une large partie de la société européenne. En effet,  une coalition d’organisations européennes engagées dans la lutte pour des modèles d’agriculture et d’alimentation durables, Good Food Good Farming, s’est réunie le 19 novembre devant le Conseil européen à Bruxelles, demandant aux ministres européens de l’agriculture de soutenir un modèle agricole durable qui soit équitable et sain pour les producteurs, les consommateurs et l’environnement.

 

Lire l’analyse de l’ECVC sur la nouvelle proposition de la PAC

 

Contacts :

  • Andoni Garcia (Comité de Coordination d’ECVC): +34 636 4515 69 – ES, EUZ
  • Geneviève Savigny (Groupe PAC ECVC): +33 62 555 1687 – FR, EN, ES
  • Antonio Onorati (Comité de Coordination d’ECVC): +39 3408 2194 56 – IT, ES, FR, EN
  • Jose Miguel Pacheco (Comité de Coordination d’ECVC): +351 968 721 995 – PT, ES

 

[1] Maria Noich (S&D/Allemagne); rapporteur suppléante de S&D pour le rapport sur les plans stratégiques; Martin Hausling (Verts/Allemagne) coordinateur des Verts dans le COMAGRI; Czesław Siekierski (PPE/Pologne) est le président de COMAGRI; Thomas Waitz (Verts/Autriche), président suppléant des Verts pour l’Organisation Commune de Marché; Eric Andrieu (S&D/France), rapporteur principal du rapport OCM.