Il faut stopper l’hémorragie des producteurs, qui font vivre les territoires. La politique laitière a trop d’enjeux pour l’abandonner aux laiteries. Une politique laitière publique, plaçant en priorité les intérêts des citoyens et des territoires, est plus que jamais nécessaire.
Politique laitière UE : l’heure n’est plus à la dérégulation ni à la spéculation. Il faut stopper l’hémorragie des producteurs, qui font vivre les territoires. La politique laitière a trop d’enjeux pour l’abandonner aux laiteries. Groupements de producteurs ou interprofessions ne vont pas pouvoir résoudre les problèmes de fond. Etant donné les intérêts contradictoires des acteurs de la filière lait, une politique laitière publique, plaçant en priorité les intérêts des citoyens et des territoires, est plus que jamais nécessaire. Sans quoi ce sont les intérêts des plus puissants financièrement et économiquement qui l’emportent. Ce n’est donc pas le moment d’abandonner la régulation européenne de la production et de s’en remettre aux laiteries. Sans une maîtrise publique de la production, la contractualisation se fera aux détriments des producteurs, surtout des petits et moyens producteurs, ceux dont la légitimité multifonctionnelle est la plus importante. La politique actuelle et celle proposée par le GHN éliminent les producteurs, alors que le défi du chômage n’a jamais été aussi grand en Europe et que le climat n’a jamais eu autant besoin de nos prairies. Focaliser le débat vers le renforcement du pouvoir des producteurs, vers les interprofessions, c’est leurrer les producteurs si, par ailleurs, on ne s’attaque pas aux racines de la crise laitière. Les interprofessions laitières en France et en Espagne l’ont montré. La priorité donnée aux groupements de producteurs dans le secteur des fruits & légumes a-t-elle amélioré la situation des producteurs ? N’assiste-t-on pas à la délocalisation croissante de ce secteur vers des pays «low-cost» ? Les coopératives laitières, qui ont été créées pour renforcer le pouvoir collectif des producteurs, ne sont-elles pas souvent devenues des laiteries comme les autres, parfois même des multinationales bien loin des intérêts de leurs membres ? La confusion fréquente entre dirigeants des coopératives et dirigeants syndicaux agricoles conventionnels, la confusion entre pouvoir économique et intérêts professionnels ne pervertit-t-elle pas déjà les interprofessions existantes ? Le GHN propose de réduire la volatilité du marché, comme s’il s’agissait d’un phénomène naturel, alors qu’elle est le résultat programmé de la dérégulation, pour offrir un nouveau terrain de jeu à la spéculation. Nous demandons instamment au Conseil Agricole et au Parlement de l’UE de sortir de cette vision aujourd’hui dépassée. Les Etats Unis, qui discutent d’une régulation de la production laitière, l’ont peut-être compris. Aujourd’hui, les prix du lait restent inférieurs aux coûts de production. La politique actuelle a encore l’instrument des quotas à sa disposition. Nous demandons à l’UE de revenir sur la décision absurde d’augmenter annuellement le quota dans une UE excédentaire, d’abaisser ce quota en lien avec la consommation intérieure, et de faire respecter les quotas individuels dans tous les Etats Membres. On ne peut plus aujourd’hui, à l’heure des crises globales, continuer à importer massivement du soja et des engrais transformés en excédents de beurre et poudre de lait réexportés. Nous demandons à la Commission Européenne, au Conseil, et au Parlement de ne pas s’engager dans la voie proposée par le GHN, qui ne va pas régler les problèmes des producteurs, ni des consommateurs, ni des territoires : il faut produire moins de lait, avec plus de producteurs, grâce à des prix justes et une maitrise publique de la production, il faut une production mieux répartie, avec plus de prairies et moins de soja. Contacts : Lidia Senra : + 34 609 84 5861(ES-FR)- Josian Palach : +33 671344902 (FR)- Xavier Delwarte: +32 (0) 476 42 39 02 (FR-EN)- Gérard Choplin (Bxl team): +32 (0) 473257378 (FR-EN-DE)
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