Du 15 au 17 novembre, la Coordination européenne Via Campesina (ECVC) a organisé sa première réunion LGBTIQ à Santiago de Compostela. Les représentant.e.s de diverses organisations agricoles européennes membres d’ECVC, provenant de pays comme l’Euskal Herria, l’Andalousie, l’Allemagne, l’Autriche, la Norvège, la Belgique ou la Grande-Bretagne, ainsi que l’organisation hôte, le Syndicat Labrego Galego de Galice, y ont assisté.

 

 

REGARDEZ CETTE COURTE VIDÉO DE LA RÉUNION, EXPLIQUANT L’IMPORTANCE DE LA LUTTE DES LGBTIQ AU SEIN DU MOUVEMENT PAYSAN EUROPÉEN ET DE NOS ZONES RURALES

 

 

 

«Bien souvent, les programmes de nos revendications et de nos luttes sont fortement orientés vers le monde extérieur et, grâce à cela, nous obtenons des changements et des conquêtes importantes pour la société. Mais nous oublions souvent également de regarder vers l’intérieur: vers l’intérieur des organisations et vers l’intérieur des personnes. Or, notre réflexion nous amène à penser qu’il est aussi fondamental de considérer les gens.tes, non pas comme des êtres isolés et individualistes, comme le système capitaliste le prétend, mais comme des éléments fondamentaux et essentiels pour la construction de notre mouvement dans son ensemble. Dans cette optique, nous devons traiter des questions comme celles des sentiments, des émotions ou de la sexualité afin que, en tant que mouvement féministe et anti-patriarcal, nous puissions inclure toute la diversité des sujets politiques qui font partie de La Via Campesina». C’est avec ces mots que Paula Gioia, membre du Comité de coordination d’ECVC, a inauguré la rencontre.

 

Pour approfondir sur ce qui a motivé cette réunion de travail, Paula Gioia a ajouté que « l’un des principaux objectifs de cette rencontre est la création, au sein d’ECVC, d’un espace de dialogue et d’échange entre les gens.tes LGBTIQ à partir de notre réalité commune ».

 

Ángel Amaro, militant.e LGBTIQ de Galiza, a également évoqué la création d’espaces permettant d’intégrer et transversaliser la diversité sexuelle et de genre dans les organisations agricoles d’ECVC. Pour lui, « Pour ne pas se limiter aux luttes verte, rouge ou violette, nous devons trouver un autre type de méthodologie qui nous intègre tou.te.s ».

 

«Pour le SLG, les droits des femmes ou des personnes LGBTIQ ont la même importances que les autres luttes comme celle pour obtenir pour des prix décents».

 

Dans la conférence de presse de présentation de cette 1ère Rencontre LGBTIQ d’ECVC, la secrétaire générale du Syndicat Labrego Galego, Isabel Vilalba Seivane a également parlé pour rappeler qu’il est important de défendre la diversité sexuelle en tant que question fondamentale pour le SLG: «En 45 ans d’histoire, le Sindicato Labrego Galego s’est engagé pour de nombreuses causes liées au territoire et à la profession paysanne : de la défense de la terre en conflit à As Encrobas à la lutte pour le droit à produire de notre secteur laitier depuis l’entrée de l’Espagne dans la CEE. Nombre de ces luttes sont nées de l’aspiration des gens.tes à pouvoir vivre dignement du travail paysan dans un environnement qui ne soit pas hostile. Très vite, les femmes ont eu besoin de leur propre programme et de là, le Secrétariat des Femmes du SLG est né, il y a presque trente ans. Grâce à des luttes comme celle du féminisme, nous avons vu que ce n’était pas seulement le système économique qui opprimait les paysan.ne.s, mais qu’il y avait aussi d’autres structures oppressives comme l’hétéropatriarcat. Pour cette raison, les droits des femmes ou des personnes LGBTIQ sont tout aussi importants pour nous que d’autres luttes comme la revendication de prix décents, parce que d’une façon ou d’une autre, nous défendons la vie et la dignité des gens.tes à travers toutes ces causes ».

 

Outre le travail interne, il y a eu trois débats ouverts au public et à la société: «Néofascisme et capitalisme rose: comment déconstruire le pinkwashing?», avec Daniela Ferrández (Transamizando) et Ángel Amaro (militant.e LGBTIQ); «Rencontres et rendez-vous manqués entre le mouvement LGBTIQ et le mouvement féministe», avec Ximena González (Marche mondiale des Femmes); et “Histoire du mouvement LGBTIQ et défis futurs pour un agenda de la sexodiversité transformatrice”, avec Laura Bugalho (militant.e LGBTIQ, transféministe et soutien des personnes migrantes). La participation de toutes ces activistes a permis de riches échanges d’idées entre ECVC et le mouvement LGBTIQ.