18 décembre 2019 Journée internationale des droits des migrants

 

Nous migrons et demandons l’asile pour vivre!

Nous marchons solidairement pour lutter et résister! Pour réclamer les droits humains pour tous les peuples!

 

**lire MANIFESTE ci-dessous**

 

Nous, co-organisateurs et participants à la 45e session du Tribunal Permanent des Peuples (TPP), qui a tenu six audiences – sur les violations des droits humains des peuples migrants et réfugiées et son impunité à Barcelone, Palerme, Paris et Londres, faisons appel à l’action pour célébrer la Journée internationale des droits des migrants le 18 décembre 2019.

 

Nous célébrons cette journée en invitant tout le monde à travailler ensemble pour mettre fin aux:

–        Violations systématiques des droits fondamentaux de l’homme – à la vie, à la dignité, au travail, à la santé, à la recherche d’un avenir – que vivent les peuples réfugiés et les migrants lors de déplacements forcés, aux frontières ainsi que dans la Europe Forteresse

–        Les politiques de la Commission européenne et des États membres sur les nulles possibilités de voies régulières; l’externalisation et la sécurisation des frontières et des accords tels que l’UE-Turquie, l’Italie-Libye, la détention généralisée de migrants et de réfugiés; la pratique des nécropolitiques interdisant le sauvetage en mer

–        Toutes les formes de déplacement forcé – y compris le nettoyage ethnique, les catastrophes climatiques et environnementales conduisant à – des migrations internes et externes

–        Criminalisation des migrants, des réfugiés et des acteurs sociaux qui, individuellement et collectivement, exercent des pratiques et des responsabilités solidaires envers les migrants et les réfugiés

–        Des structures racistes, patriarcales et autoritaires enchâssant la discrimination, la xénophobie et l’islamophobie

 

Face à cet environnement très hostile en Europe et dans d’autres régions du monde, nous affirmons que le moment est venu de faire converger nos forces et de travailler à la création d’un environnement dans lequel les droits humains pour tous sont affirmés et où l’on établit les bases pour finir avec le discours de haine, l’impunité et l’injustice et pour l’ouverture des frontières.

 

Nous invitons tous à participer à la célébration de la Journée internationale des migrants et à:

a)      Organiser une action publique – dans la communauté, sur le lieu de travail, dans la ville ou devant le bureau de la Commission Européenne, du gouvernement national ou local

b)     Signer le manifeste (ci-joint), qui sera remis aux commissaires européens récemment nommés (responsables de la migration et de l’asile et de la protection de notre mode de vie européen); le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés et le Rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits humains des migrants

 

Que le 18 décembre 2019 soit un moment propice pour faire passer le message que:

 

Migrer n’est pas un crime – Migrer est un droit humain! Le temps est venu d’un nouvel activisme et solidarité transnationaux!

 

Le 18 décembre, Journée d’action pour la solidarité et la mobilisation internationales!

 

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MANIFESTE

 

Solidarité internationale et action pour les droits humains des peuples migrants et réfugiés du monde
 

Le 18 décembre est la Journée internationale des migrants. C’est pour cette raison que les organisations et les groupes de migrants et de réfugiés ainsi que les citoyens qui ont signé cette déclaration réaffirmons notre solidarité avec les migrants du monde et nous nous engageons à continuer de défendre les droits et les libertés qui sont souvent refusés aux migrants et aux réfugiés.

 

L’Assemblée générale des Nations Unies a décidé en 2000 de proclamer le 18 décembre Journée internationale des migrants, compte tenu de « la nécessité de continuer à essayer d’assurer le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales de tous les migrants ». Près de deux décennies après cette proclamation, nous constatons que ces objectifs sont loin d’être atteints et que, dans les pays les plus riches, des barrières physiques et juridiques sont encore en train d’être érigées pour empêcher les personnes d’origines très différentes d’exercer leur droit de migrer ou de revenir dans leur pays.

 

Cela fait maintenant un an de l’approbation du  » Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière » de l’ONU en 2018. Nous notons qu’en plus de ne pas être obligatoire pour les États, ce Pacte ne contient que des mesures de contrôle, d’identification et de réglementation, déclarations d’intention sans contenu, ne servant que de blanchiment des politiques migratoires qui continuent de privilégier les intérêts et les avantages du capital et du marché par rapport aux droits des migrants et des réfugiés.

En avril de cette année, le Tribunal Permanent des Peuples (TPP), réuni à Bruxelles, a identifié comme « crimes contre l’humanité et crimes du système » les violations systématiques présentées en preuve lors des auditions de sa 45e session – tenues à Barcelone, Palerme, Paris, Londres et Bruxelles. au cours de 2017-2019.
Le TPP a reconnu que l’Union Européenne avait la lourde responsabilité d’avoir créé une situation dans laquelle l’Europe est un « environnement hostile » où des violations systématiques des droits des migrants et des réfugiés ont lieu. L’ampleur de ce qui constitue sans aucun doute une grave crise de valeurs humaines et d’échecs politiques se reflète dans les chiffres suivants : depuis 2014, environ 20 000 migrants, femmes, hommes, personnes âgées et enfants se sont noyés alors qu’ils tentaient de traverser la Méditerranée.
En 2016, l’UE a choisi de vendre les droits des migrants à la Turquie. L’accord Ankara-UE visant à limiter la migration des côtes turques vers la Grèce a conduit 3,5 millions de migrants actuellement sur le territoire turc, en échange du versement de milliards d’euros accordés par Bruxelles au gouvernement autoritaire d’Erdogan. Ce « deal » honteux permet à Erdogan de faire du chantage régulièrement à ses partenaires européens et de menacer de « renvoyer » ces migrants vers l’UE ; ou, comme il est arrivé récemment, développer la guerre contre la population kurde, en utilisant ces mêmes migrants comme monnaie de change de leurs ambitions guerrières.

Le gouvernement grec a accepté d’utiliser les îles grecques comme « zones de détention », où environ 35 000 migrants et réfugiés sont « piégés » dans des conditions inhumaines, dans des camps insalubres, qui sont devenus une « lutte pour la survie » et une urgence humanitaire.
Le mémorandum Italie-Libye signé en février 2017 et récemment renouvelé automatiquement dans le but de bloquer en mer et de renvoyer le plus grand nombre possible de migrants en Libye, a conduit à la création d’un centre de recherche et de sauvetage libyen (SAR).
Les graves violations des droits de l’homme qui se produisent tout au long de la route migratoire, du pays d’origine aux pays de destination et de permanence, aux frontières extérieures et intérieures de l’Europe et sur le territoire des pays membres. Ces politiques, illégales et illégitimes, qui se manifestent notamment dans les zones frontalières, constituent, selon le jugement du TPP, une injustice inacceptable, qui aboutit à des crimes contre l’humanité. L’UE et les États membres ont été tenus directement et indirectement pour responsables de ces « crimes systématiques » – de torture, de mauvais traitements, et de non-respect des obligations de sauver des vies en mer, des dispositions des conventions de Genève, ni du principe de non-refoulement.
La migration est un droit humain. Mais à de nombreuses reprises, il est également le produit de déplacements forcés – de guerres, de persécutions idéologiques, ethniques, sexuelles ou religieuses ; ou à la suite des pratiques de sociétés transnationales qui, conjointement avec les gouvernements de différents pays d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, expulsent les populations locales pour qu’elles détournent leurs ressources. Dans ce cas, l’exercice du droit de migrer et de franchir les frontières imposées par le capital devient un acte de résistance à la survie individuelle et collective, ainsi que de dénoncer la nécropolitique mondiale qui prive les peuples de leurs ressources, fait des affaires avec la répression et le génocide aux frontières et exploite les migrants en tirant parti de la discrimination et de la vulnérabilité imposées par les lois migratoires.
Des gouvernements tels que les États-Unis s’obstinent à promouvoir un discours raciste et xénophobe contre les migrants, en violation du droit international. Cette politique a entraîné la séparation et la détention forcée de milliers d’enfants de leurs parents qui, dans d’innombrables cas, ont été expulsés vers le Mexique et des pays d’Amérique centrale. Entre octobre 2018 et le même mois de cette année, environ 1 million de détentions ont été enregistrées à la frontière américaine. Dans le même temps, les enlèvements et la violence extrême à l’encontre des migrants se sont multipliés à la frontière sud du Mexique.
Plus d’un million de ressortissants du Myanmar, connus sous le nom de Rohingya, ont été forcés de migrer au Bangladesh. Malheureusement, la réaction de la communauté mondiale à cette crise, dont le Bangladesh a pris la responsabilité, s’est révélée très insuffisante en termes de soutien d’urgence et de pression exercée sur le gouvernement du Myanmar pour qu’il assure un rapatriement dans la dignité.

Nous sommes préoccupés par le fait que les migrations internes induites par le climat ne reçoivent toujours pas l’attention requise. On estime que en 2050 environ 140 millions de personnes dans le monde seront contraintes de migrer en interne. Les pays riches et leurs entreprises sont historiquement responsables du changement climatique et devraient donc assumer leur responsabilité vis-à-vis des migrants induits par le climat.

Nous sommes préoccupés et dénonçons l’utilisation de la rhétorique de droite de la nouvelle Commission européenne, qui cherche à intégrer dans le même portefeuille « Protection de notre mode de vie européen », la question de la migration.
Les politiques contre les migrants et les réfugiés développées par divers gouvernements, fondés sur des arguments xénophobes et racistes, encouragent et facilitent la poursuite de l’expansion des forces ultra-droites dans l’UE.

Face à la politique des gouvernements qui nient les droits des migrants et des peuples réfugiés, dans de nombreux pays, villes et villages, des initiatives de soutien et de solidarité se développent avec ceux qui ont choisi d’émigrer. La 45e session du Tribunal Permanent des Peuples (Barcelone, Palerme, Paris, Londres, Bruxelles), les États généraux des migrations en France, la désobéissance des citoyens et initiatives de solidarité en Espagne, en Grèce, en Italie et ailleurs en Europe, ainsi que de la solidarité aux États-Unis et au Bangladesh et le Mexique sont quelques exemples qui doivent être développés et renforcés.

Il n’y a pas de « crise des migrants ». Ce qu’il y c’est une crise du système capitaliste et des politiques étatiques qui déforment une réalité qui fait partie de l’histoire de l’humanité – le droit de migrer!
 

Initiateurs :

Caravana abriendo Fronteras
Carovane Migranti
Centre de recherche et d’information pour le développement (CRID)
Comitato Verità e Giustizia per i Nuovi Desaparecidos
Commission for Filipino Migrant Workers (CFMW)
Cooperazione Internazionale Sud Sud (CISS)

ECVC/European Coordination LVC

France Amerique Latine (FAL)

Langile Abertzaleen Batzordeak (LAB)

Ongi etorri Errefuxiatuak (OEE)

Paz con Dignidad/OMAL

Platform of Filipino Migrant Organisations in Europe

Stop the Wall

Transnational Institute

Transnational Migrant Platform-Europe (TMP-E)

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