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Nouvelle-Zélande et UE : un autre accord de libre-échange contre les agriculteur.trice.s européen.ne.s

1 juillet 2022

La Commission européenne a conclu les négociations sur un accord de libre-échange avec la Nouvelle-Zélande le jeudi 30 juin. La Commission européenne parle d'un accord qui « contient des dispositions de durabilité sans précédent et qui prend en compte les intérêts des producteur.trice.s européen.ne.s de produits agricoles sensibles ».   Mais pour la Coordination Européenne Via Campesina (ECVC), qui représente la voix des paysan.ne.s en Europe, cet accord est basé sur un paradigme de commerce obsolète. En effet, les produits agricoles sont utilisés en échange d'autres marchandises sans tenir compte de la crise climatique et de la crise économique actuelle des agriculteur.trice.s européen.ne.s. Avec cet accord de libre-échange supplémentaire, la Commission perd toute crédibilité dans ses propositions pour le Green Deal européen et la stratégie de la Ferme à la Fourchette (Farm to Fork) en continuant de donner la priorité au commerce de l'agro-exportation et aux élites qui en bénéficient plutôt qu'aux changements nécessaires dont les agriculteur.trice.s, les citoyen.ne.s et la planète ont besoin.   Il est bien connu que la Nouvelle-Zélande a des coûts de production bien inférieurs à ceux de l'Europe pour certains produits d'origine animale, comme le lait, la viande ovine et bovine, qui ont tendance à faire baisser les prix du marché mondial. L'ouverture de nouveaux marchés avec la Nouvelle-Zélande aura un impact encore plus important sur la crise des prix agricoles et des revenus des agriculteur.trice.s en Europe. De plus, la Nouvelle-Zélande n'applique pas les normes environnementales, de bien-être animal et climatiques qu’appliquent les agriculteur.trice.s européen.ne.s.   « Comment un tel accord incluant des produits agricoles sensibles pouvant être produits de manière agroécologique sur nos territoires pourrait-il être compatible avec l'Accord de Paris ? Aujourd'hui, ce type d'accord n'a plus aucun sens », déclare Andoni García Arriola, membre du Comité de coordination d'ECVC. « Le commerce agricole devrait être considéré comme un secteur sensible et traité séparément du commerce des autres produits de base. La priorité devrait être la construction de mécanismes de régulation des marchés qui permettent aux agriculteur.trice.s du monde entier d'obtenir un revenu équitable pour approvisionner les systèmes alimentaires locaux durables. »   "Dans le contexte de la crise alimentaire internationale actuelle et afin d'atteindre les objectifs de la stratégie de la Ferme à la Fourchette (Farm to Fork strategy), l'UE devrait plutôt s'engager au niveau international pour promouvoir un nouveau cadre multilatéral mondial du commerce, basé sur les principes de la souveraineté alimentaire des peuples et conformément à la Déclaration sur les Droits des Paysan.ne.s et Autres Personnes Travaillant dans les Zones Rurales (UNDROP) », indique Morgan Ody, coordinatrice générale du mouvement paysan international La Via Campesina. Pour plus d'informations sur la position de la Via Campesina sur le commerce mondial, vous pouvez lire cette déclaration qui fait suite aux négociations de l'OMC ici .  

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