COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

La proposition de la Commission ne répond pas aux besoins des agriculteurs et des zones rurales

 

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Bruxelles, le 29 novembre 2017. La publication de la communication de la Commission européenne sur l’avenir de la Politique agricole commune (PAC) a marqué une étape cruciale du processus de réforme de la PAC, un processus suivi de près par ECVC et d’autres organisations et mouvements de la société civile.

 

Au premier abord, le document publié par la Commission, long de 26 pages, semble être à l’écoute des revendications des producteurs.rices européen.ne.s et des populations rurales. Toutefois, derrière le discours de la Commission se cache un désintérêt pour les problèmes touchant le milieu rural et un ensemble de solutions s’attaquant aux symptômes plutôt qu’aux prémices de la crise.

 

Une attention toute particulière doit être consacrée aux enjeux suivants, qui auront un impact sur l’agriculture paysanne, la qualité de vie en milieu rural et le modèle alimentaire des citoyen.ne.s européen.ne.s :

 

La gestion des risques dérivés du marché et la volatilité des prix. Pour faire face à la crise des revenus qui touche les producteurs.rices, la Commission continue d’affirmer que les assurances constituent la panacée. Pour ECVC et ses membres, il ne s’agit pas là d’une solution. La volatilité n’est pas inévitable, elle résulte de la déréglementation du marché ainsi que de la perte des instruments prévus à cet effet. La solution au problème est donc toute trouvée.

 

Répartition des aides directes de la PAC. La Commission maintien sa proposition de répartir les aides selon le nombre d’hectares. Les aides découplées de l’activité de production et calculées en fonction du nombre d’hectares ne permettront pas de respecter les objectifs de la PAC. Au contraire, elles accentueront les problèmes de contrôle et de concentration de terres tout en aggravant l’inégale distribution des ressources publiques. Nous saluons la volonté de mieux répartir les aides de la PAC, néanmoins, il convient de rappeler qu’il existe souvent un écart entre les beaux discours et les actions concrètes, comme ce fut le cas pour la dernière réforme de la PAC. En effet, les espoirs initiaux ont été déçus, laissant place à un sentiment de frustration.

 

Plans stratégiques. La communication propose également un nouveau système de mise en œuvre des aides de la PAC, déterminé par la réalisation d’objectifs généraux – définis au niveau européen – et par l’élaboration des plans stratégiques nationaux. En principe, ECVC estime qu’il pourrait être intéressant d’adapter la PAC aux réalités territoriales. Cependant, il est indispensable, en amont, de définir clairement les objectifs à atteindre, de s’assurer de la participation des organisations d’agriculteurs.rices dans le processus de définition des plans stratégiques, dans l’évaluation du secteur et dans le suivi du respect et de la transposition des objectifs.

Nous rejetons toute tentative de dissimuler, par le biais de cette proposition, la renationalisation de la PAC.

 

Promouvoir la prospérité en milieu rural. Selon la Commission européenne, la bio économie s’avérerait être la solution pour promouvoir le développement rural. Cependant, ce n’est pas la bio économie qui va dynamiser le milieu rural mais plutôt la promotion d’un modèle agricole comptant sur un maillage territorial de multiples fermes diversifiées et de mécanismes collectifs de vente et de transformation, entre autres. C’est bien grâce à ce type d’activité agricole diversifiée, alimentaire et assurant un réseau de proximité, que l’objectif de développement rural pour être atteint.

 

Attirer de nouveaux agriculteurs.rices. Nous saluons le fait que la relève générationnelle figure parmi les priorités du projet de réformes. Néanmoins, selon ECVC, il est difficile d’imaginer que les jeunes puissent s’intéresser à un secteur constamment touché par des crises résultant de la dépendance envers l’industrie et la distribution. De plus, difficile d’envisager qu’un jeune puisse porter un intérêt quelconque à un métier dont l’avenir est déterminé par les marchés internationaux qui engendrent la volatilité des prix, l’insécurité de revenus et la spéculation.

 

Santé, nutrition, durabilité. La communication de la Commission mentionne toujours et à plusieurs reprise la santé, la nutrition et la durabilité. Cependant, elle oublie toujours de définir les modèles agricole, alimentaire et commercial capables de garantir une production d’aliments sains, nutritifs, respectueux de l’environnement et du bien-être animal. Un modèle également capable de lutter contre le changement climatique, de créer de l’emploi et de dynamiser le milieu rural. Selon ECVC, ce modèle correspond au modèle de l’agriculture paysanne, familiale et durable porté par les agriculteurs.rices et les paysan.ne.s.

 

Contacts:

·   Jose Miguel Pacheco Goncalves (Comité de Coordination d’ECVC) : +35 19 6872 1995 – PT, ES

·   Geneviève Savigny (Comité de Coordination d’ECVC) : +33 62 555 1687 – FR, EN, ES

·   Antonio Onorati (Comité de Coordination d’ECVC): +39 3408 2194 56 – IT, ES, FR, EN

 

Photo: Rennes (Ille-et-Vilaine), le 17 février 2016. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)